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Réalisation d'un coffre de bateau - Réalisation Fabrice Bruel - |
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Le but Lors de l'installation de mon nouveau bateau, je voulais un coffre devant la console, mais cet accessoire n'est pas disponible chez le constructeur. Une seule solution, se retrousser les manches et se lancer. Le but de ce reportage est donc d'expliquer la démarche suivie, les matériaux mis en œuvre, les pièges à éviter etc, mais il reste le document d'un amateur et à ce titre peut comporter des erreurs ou des imprécisions ! |
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La technique choisie : le sandwich Les coffres tels qu'on les achète sont souvent réalisés en pure polyester. Cette technique nécessite de construire un moule, de le poncer extrêmement finement, de le passer au gelcoat, puis de le cirer (7 fois !) et enfin de passer à la construction de la pièce proprement dite. Cette technique est très compliquée, et grosso modo elle nécessite le double de boulot. Pour une pièce unique, çà ne semble pas très intéressant, et surtout, je ne maitrise pas cette technique. La technique retenue est donc celle du « sandwich » : on construit le coffre en contre-plaqué marine et ensuite on le recouvre intérieur/extérieur de fibre de verre et de polyester. L'utilisation de la fibre en plus du contreplaqué à plusieurs avantages :
Par contre comme inconvénient, il est plus délicat d'obtenir une belle finition, il faut un peu plus d'huile de coude. |
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Le coffre en bois Le coffre en bois est réalisé au départ avec du contreplaqué marine. L'épaisseur choisie dépend de la forme voulue et de la faciliter de mise en œuvre. La solidité sera apportée par la stratification. Ici on cherche à faire un coffre pour mettre devant une console « 115 P » de chez Narwhal :
Etape 1 : le gabarit en carton
C'est presque l'étape la plus importante ! Pour ce faire, on pose la console dessus, on trace, on avance la console de la profondeur choisie pour le coffre et on on retrace. On trace les 2 cotés en mettant une règle le long de console et on découpe ! Voilà on a le gabarit de la pièce du haut et du bas ! Il faut procéder un peu de la même façon pour le gabarit des cotés, mais à moins d'avoir la place pour coucher la console, il vaut mieux être deux pour tenir le carton et tracer. ![]() Nota : si la console est déjà fixée, il faut se fabriquer un copieur : on prend un tasseau de bois, on le coupe à au moins la distance du plus grand trou entre la console et le bout carton rectangulaire posé devant. Ensuite un trou pour mettre en force un crayon de papier et on suit le profil de la console avec le tasseau. |
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Etape 2 : la découpe On
reporte donc les gabarits obtenus sur le CP de 12 et en avant la scie
sauteuse. On va réessayer en place et on fait les derniers petits ajustement nécessaires (là c'est pratique d'avoir au moins 4 mains) Pour le CP de 4 mm, je ne conseille pas de le découper maintenant, pas facile de savoir exactement les dimensions avec les cintres. Il vaut mieux découper un peu plus grand, assembler et couper ce qui dépasse une fois sec. |
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Etape 3 : l'assemblage Idéalement il ne faudrait que coller, pas pointer pour éviter tout risque de rouille/gonflement/corrosion. Par contre c'est super dur à assembler. J'ai donc choisi, en plus de la colle, de pointer avec quelques clous Inox. On peut éventuellement les arracher une fois tout bien collé ou les enfoncer (mon cas).
Donc on encolle un côté (en général le chant), on positionne, on pointe ou on met un serre joint, sans serrer comme un âne, le but n'est pas de virer toute la colle ! On assemble avec colle plus clous, le bas, le haut et les 2 cotés. Il reste maintenant à mettre en forme la face avant et arrière en CP de 4 mm. Pour ce faire, le plus pratique est de disposer d'au moins 6 grands serre-joints qui permettent de prendre les deux ensemble. On encolle les chants du fond, du haut et des cotés et on essaye de plaquer gentiment le CP de l'avant et de l'arrière en même temps. Là il y a un peu de sport en perspective … On consolide éventuellement par 2 ou 3 clous. Il ne faut surtout pas essayer de suivre parfaitement le rond imposé par le CP de 12 qui (à moins que vous soyez très doué) ne doit pas être parfait. Il vaut mieux laisser le CP prendre naturellement la courbe, elle n'en sera que plus parfaite. S'il y a d'éventuels interstices, pas d'inquiétude, on les bouchera au syntho plus tard. On laisse sécher sous presse au moins 12h ( à 20°C). |
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Etape 4 : Le couvercle Si on a bien travaillé, on doit avoir obtenu une belle boite qui suit quasi parfaitement la forme de notre console. Il faut maintenant lui faire une ouverture. J'ai choisi de faire une ouverture avec rebord pour l'étanchéité plus couvercle. Pour les dimensions du couvercle, on fera bien attention à son choix d'ouverture et à prévoir les dégagements pour l'ouverture. Pour ma part j'ai choisi une ouverture de type « capot amovible » fixé par 4 sauterelles pour maximiser l'ouverture. Les rebords sur le coffre ne servent pas assurer le maintient du coffre mais à empêcher l'eau de rentrer. Aussi pour pas être embêté, il vaut mieux les mettre assez en retrait. On réutilise donc le carton de gabarit pour suivre la face avant, en reculant de 3 cm. Pareil pour les cotés. Pour l'arrière il aurait été plus esthétique de suivre aussi la courbe, mais j'ai craqué et fait droit. Les bords du couvercle sont en CP de 12mm et font 4cm de haut. Pour suivre le cintre devant, j'ai utilisé 2 bandes de CP de 4 mm collées l'une sur l'autre en même temps que je collais sur le couvercle. Une petite remarque ici : j'ai juste cloué mes 2 CP de 4mm de chaque coté, mais la colle étant expansive, en séchant elle a écarté les 2 CP au milieu du cintre. Rien de grave, mais j'aurais du mettre des serre-joints pour éviter ce désagrément. A l'intérieur de la découpe du caisson, on colle un rebord en CP de 10 mm sur 3 cm de haut (il dépasse donc 18 mm). Pour la partie cintre en avant, on réutilise la combine 2 couches de CP de 4 mm. |
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Etape 5 : Les ajustements et la préparation à la stratification Voilà maintenant, on a normalement un coffre avec son couvercle.
Il faut maintenant finir les derniers ajustements pour que le coffre s'adapte parfaitement et le préparer pour la stratification. La chose la plus importante à savoir et qu'il est quasi impossible de stratifier de façon net des angles droits. Il faut donc impérativement arrondir tous les angles et y aller largement, en essayant tout de même de faire un angle régulier. Pour faire cela, j'utilise un support de disque abrasif monté sur une meuleuse d'angle et un disque de grains 80 à 125. Attention, le disque va tourner à plus de 10 000 tr/min, c'est ultra efficace mais aussi assez dangereux, il faut bien cramponner la machine. On comprend ici l'intérêt du CP de 12mm. Il offre suffisamment de matière pour faire de beaux angles. Il faut aussi traiter le cas du rebord d'étanchéité sur le dessus : un angle droit, même rentrant, c'est pas bon. On va donc combler tout le tour avec du syntho bois (j'ai utilisé un ciseau à bois premier prix de 10 mm pour lisser et faire « mon chanfrein »). On rebouche aussi tous les trous, les imperfections, etc bref tout ce qui n'est pas nickel. A l'issue de cette étape, le coffre doit être quasi bon à peindre (si on ne le stratifiait pas). On peut laisser des petites imperfections, elles seront comblées par la résine, mais pas les grosses. |
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La stratification En préambule j'insiste sur le fait que la stratification c'est un métier et ce n'est pas le mien. Je ne livre ici que quelques conseils tirés de mon expérience. |
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Le matériel et les produits La résine : polyester ou epoxy. Je ne rentrerai pas dans le détail, mais pour ce type de travail on prendra de la résine polyester. A partir du moment où on a fait ce choix, il faut s'y tenir, le mastic aussi sera polyester. La résine polyester est composé de la résine en elle même et d'un catalyseur (MEC). J'insiste un peu sur ce point : il ne s'agit pas de durcisseur (qui accélère une réaction déjà en cours) mais de catalyseur qui déclenche la réaction. En l'absence de ce catalyseur, la résine ne séchera jamais et restera éternellement poisseuse et collante. De la même façon, en présence d'une quantité infime de catalyseur, la résine finira toujours par prendre : ne jamais remettre dans le pot un fond préparé avec le catalyseur !!! Ne pas négliger la quantité, pour ce coffre, avec 2 couches de résine extérieures et une de résine intérieure, il a fallu 4kg de résine. |
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Le tissu : mat ou rowing Il existe principalement 2 types de tissu :
Il en existe une troisième sorte, le rowing satin. C'est un rowing mais tressé très très fin et donc idéal pour la finition. J'ai choisi de mettre d'abord une couche de mat 300g/m² partout (en s'appliquant sur les angles), puis une couche de rowing satin sur les faces qui se voient. La structure étant en CP de 12mm pour la plupart, c'est plus l'aspect protection et étanchéité qui est recherché. Attention au grammage ! Un mat de 450 g/m² est quasi impossible « à faire tourner » tant il est épais. A contrario un mat trop fin se déchire au moindre coup de pinceau. Pour notre cas, 300g/m² est parfait. Pour plus de détails : http://jean.dahec.free.fr/25oct/composites.html |
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Les outils
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Les grands principes Voici une petite liste des grands principes qu'il faut suivre lorsqu'on fait de la stratification :
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La mise en œuvre La technique officielle est de faire couche sur couche dès que la couche du dessous commence à catalyser. C'est à réserver aux pros, en mettant en forme la dernière couche on a toutes les chances de massacrer celles d'en dessous. On procédera donc par couches successives avec un déglaçage à la ponceuse entre les couches. Donc on a découpé toutes ses pièces de tissu. On a tout bien protégé car il faut savoir qu'on va s'en mettre partout !!! Etape 1 : On met les gants !! Là c'est le point sans retour, il ne faudra plus jamais les retirer d'ici la fin. Etape 2 : On met un pot en verre sur la balance. Pour éviter les problèmes conjugaux, j'ai mis la balance dans un « sac poubelle jaune ». On pèse la résine puis le MEC pour en ajouter entre 1 à 2%. Attention, c'est au gramme près, pas d'à peu prêt ici !!! Etape 3 : On encolle le support en bois, sur un peu plus large que la 1ère pièce à mettre. On en met grassement, mais sans trop. Etape 4 : On positionne la pièce de fibre, en évitant les bulles et surtout les plis. Etape 5 :
On tamponne la fibre avec de la résine. On évitera
de « peindre », surtout avec le mat qui va suivre le pinceau. Le bon
mouvement c'est de tamponner car cela chasse les bulles d'air. Etape 6 :
On s'intéresse aux angles. Au début çà n'arrête pas
de rebiquer, c'est assez pénible. Petit à petit la fibre s'imprègne et
s'assouplit. On finit par réussir à la mettre en forme. Etape 7 :
On passe le débulleur. Bien s'assurer avant qu'il
n'est pas resté collé par la résine de la séance précédente et qu'il
tourne, sinon c'est un carnage !!! ( vécu …). Etape 8 :
Sur le rowing satin, on passera ensuite une bonne
couche de résine qu'on lissera comme si on peignait. Etape 9 :
On se dépêche de tout bien nettoyer à l'acétone.
Nettoyer plusieurs fois, tant que çà colle. |
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Le mastic et la mise en peinture Pour que l'extérieur soit beau, il faut soigneusement mastiquer notre coffre. On utilisera ici exclusivement du mastic polyester. Les conseils donnés ici proviennent plus de mon expérience en carrosserie (amateur). Les outils :
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Il faut toujours travailler à plat !!! C'est tentant de pencher la machine pour mordre plus, mais c'est comme çà qu'on fait des vagues. On commencera avec des disques de grains 80, puis 120 et la finition sera au max aux 250. Etape 1 : On ponce la résine, principalement pour déglacer et pour rattraper les plus gros défauts. Attention, il ne faut jamais mettre la fibre à nu ! Si c'est le cas, il faudra la protéger sous une couche de mastic. Etape 2 : On enduit. Malgré le soin apporté aux étapes précédentes, il y aura forcément des vagues dans la résine. Pour la première couche, je conseille donc d'enduire assez épais avec des spatules en inox souples (type carrosserie). Etape 3 : Une fois que c'est bien dure (quelques heures au soleil), on ponce toujours bien à plat ! D'abord en grains 80 puis 120. Etape 4 : On enduit à nouveau les endroits qui manquent de matière. Etape 5 : On ponce une nouvelle fois en grains 120.
Etape 6 : Tant que ce n'est pas parfait, on boucle sur les
étapes 4 et 5.
Etape 7 : Finir les angles à la main
car la machine mord de
trop. |
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Mise en peinture On pourrait choisir de finir par un gelcoat paraffiné mais il faut un pistolet spécial et trouver sur Rennes un fournisseur qui fait du gelcoat en teinte RAL relève de l'exploit !
J'ai donc choisi de faire de la peinture, avec une bonne peinture
polyuréthane avec durcisseur. J'ai utilisé de la Sikkens. La mise en peinture doit être faite impérativement au pistolet, genre pistolet à gravité :
Il faut tout d'abord soigneusement dépoussiérer le support. Pour ce faire j'imbibe un chiffon de nettoyant pistolet (ou de diluant de la peinture), et j'en passe un coup partout. Ensuite on prépare une petite quantité de peinture (pour l'extérieur du coffre, j'ai passé à peine 200g) en respectant aussi ici scrupuleusement les proportions. On
commence par passer une première couche, assez légère. Si çà coule, surtout surtout ne faite pas comme moi, n'essayez pas de bricoler, c'est encore pire !!! La seule solution c'est de poncer à nouveau une fois bien sec et repeindre le panneau loupé.
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La finition intérieure Pour la finition intérieure, pas facile de faire au pistolet et surtout de boucher les petits trous laissés par le mat brut. J'ai donc utilisé ici un gelcoat paraffiné. |