CAPBREIZH

Les balises de détresse 406 MHz

Présentation de Michel BADET
Dernière MAJ : 29/10/2010

CAPBREIZH

Le système COSPAS SARSAT


Site internet du COSPAS SARSAT

Il s'agit d'un système mondial d'alerte et de localisation par le biais de balises.
Il fournit une aide aux opérations de recherche et de sauvetage (SAR), qu'elles soient maritimes, aéronautiques ou terrestres.

Le système COSPAS-SARSAT est le résultat du développement de deux systèmes :

  • Le système COSPAS développé par la Russie.
    COSPAS est un acronyme russe qui veut dire Cosmicheskaya Sistyema Poiska Avariynich Sudow (système spatial pour la recherche des navires en détresse).
    Aujourd'hui ce système est dirigé par la Russie.
  • Le système SARSAT développé par les Etats-Unis, la France et le Canada.
    SARSAT est un acronyme anglais qui veut dire Search and Rescue Satellite-Aided Tracking (localisation par satellite pour les opérations de recherche et sauvetage (SAR)).
    Aujourd'hui ce système est dirigé aux Etats-Unis par la NOAA (Agence américaine d'étude de l'atmosphère et de l'océan).

Le premier satellite du système fut lancé en 1982 mais le système ne fut opérationnel qu'en 1984.
La fusion de ces deux systèmes ne fut totalement réalisée qu'en 1988.
Aujourd'hui, le système est dirigé alternativement par l'un des quatre pays fondateurs (Etats-Unis, Russie, Canada et France).

Les balises ne nécessitent pas de frais d'abonnement, ni de communication. Leur coût est lié à l'achat ainsi qu'à son entretien (remplacement de la batterie tous les 5 ans en moyenne).

Le système COSPAS SARSAT utilise 3 types de balises :

Les balises maritimes
Elles sont appelées RLS (Radiobalises de Localisation des Sinistres) ou EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacons) ou GPIRB (Global Position Indicating Radio Beacon).

Les balises aéronautiques
Elles sont appelées ELT (Emergency Locator Transmitters).

Les balises personnelles
Elles sont appelées PLB (Personal Locator Beacons).
Ces balises sont utilisées par les randonneurs, les alpinistes ...

Principe de fonctionnement du système

L'ensemble des satellites du système travaillent avec une fréquence de réception de 406 MHz (fréquence internationale de détresse).
Après la réception d'un signal de détresse sur la fréquence de 406 MHz par les satellites, le signal est transmis à une station terrestre dès que c'est possible afin de faire suivre l'information au service de recherche et de sauvetage (SAR) en charge de la zone où se trouve la balise appelante.

Le temps de localisation d'une balise émettant un signal peut aller de 15 minutes à 4 heures par les satellites en orbite basse.
L'emplacement de la balise est détectée par les satellites grâce à l'effet Doppler-Fizeau. La précision avec la fréquence de 406 MHz est alors de 1 à 3 miles.
Si la balise est équipée d'un récepteur GPS, elle transmet sa position qui peut-être captée immédiatement par les satellites géostationnaires en donnant une position beaucoup plus précise.

Les balises utilisant la fréquence de 406 MHz sont enregistrées et associées à un véhicule (bateau ou avion) lors de l'achat. Ce type de balises permet la transmission d'informations complémentaires (identité du bateau ...) utiles pour organiser les secours.
Les anciennes balises en 121,500 MHz et 243 MHz ne présentent pas les mêmes possibilités et la même fiabilité ce qui fait que depuis 1er février 2009, les satellites Cospas-Sarsat ne localisent plus les émissions sur les fréquences : 121,500 MHz et 243 MHz

Toutes les balises à 406 MHz sont enregistrées dans une base de données permettant aux services de recherches et de sauvetages (SAR) d'avoir des informations importantes pour l'organisation des secours. Cette base de données internationale s'appelle l'IBRD. Il existe en France, le registre national des balises Compas-Sarsat (RFBD).
Lors de l'achat d'une balise, son enregistrement s'effectue par Internet (par l'acheteur ou le vendeur) à l'URL suivante : http://www.406registration.com

L'enregistrement d'une balise nécessite de disposer des informations suivantes :

  • Identification hexadécimal de la balise (15 caractères hexadécimaux),
  • Nom du propriétaire et numéro de téléphone,
  • Nom et numéro de téléphone du contact en cas d'urgence,
  • Du type de véhicule utilisant la balise,
  • Du nom du véhicule, du numéro MMSI (en cas d'utilisation marine de la balise) [impossible pour les balises PLB] ou du numéro d'identification .

Les balises de détresse émettent en fait automatiquement sur 2 fréquences : 406 MHz et 121,5 MHz.

  • La fréquence de 406 MHz est utilisée pour émettre le signal de détresse qui sera capté par les satellites du système COSPAS-SARSAT.
  • La fréquence de 121,5 MHz est utilisée localement pour affiner la localisation de la balise par les services de recherches et de sauvetages une fois que le signal d'alerte sur le 406 MHz a été capté.
    La veille de la fréquence 121,5 MHz est assurée sans interruption durant les heures de service par :
    • les centres de contrôle régional et d'information de vol,
    • les centres de détection et de contrôle militaire (24H/24 et 7J/7),
    • les tours de contrôle d'aérodromes,
    • les bureaux de contrôle d'approche des aérodromes internationaux,
    • De nombreux aéronefs effectuent une veille de la fréquence 121,5 MHz,
    • En mer, les vedettes hauturières sont équipées, sur la fréquence 121,5 MHz, d'un radiogoniomètre de repérage d'urgence,
    • Tout Navire à passagers est pourvu des installations permettant d'émettre et de recevoir des radiocommunications sur place, aux fins de recherche et sauvetage, sur les fréquences aéronautiques 121,5 MHz et 123,1 MHz.
Une balise a une puissance comprise entre 3 W et 7 W sur la fréquence de 406 MHz en transmission digital codé du MMSI d'une durée de 440 ms tous les 50s.
Une balise a une puissance comprise entre 25 mW et 100 mW sur la fréquence de 121,500 MHz.

 

Test d'une balise 406 MHz

Comme il est impossible d'activer la balise qui aussitôt émettrait un message d'alerte, il existe une procédure permettant de tester le fonctionnement de la balise.
Pour rappel, tout déclenchement de balise non justifiée par une situation de détresse peut entrainer des poursuites judiciaires.
Pour effectuer ce test, les balises sont équipées d'un autotest qui n'envoie pas de message de d'alerte (attention, cette procédure est malgré tout consommatrice de courant sur la batterie de la balise).

 

Les balises du domaine maritime

Les EPIRB

Elles permettent :

  • Une identification immédiate grâce au numéro MMSI configuré dans la balise
  • Un calcul de la position de la balise par effet Doppler
Les GPIRB

Ces balises similaires aux EPIRB sont équipées en plus d'un système de positionnement automatique (GPS)

Elles permettent :

  • Une identification immédiate grâce au numéro MMSI configuré dans la balise
  • Un calcul de la position de la balise par effet Doppler
  • Une transmission de la position calculée par le GPS de la balise
 
Les balises EPIRB et GPIRB existent sous deux formes :
  • Les EPIRB/GPIRB de pont qui sont montées dans un container fixé sur le pont du bateau et muni d'un largueur hydrostatique permettant une éjection automatique de la balise dès que le container est immergé entre 1,5 m et 4 m de profondeur. La balise est activée automatiquement par le contact avec l'eau de mer.
  • Les EPIRB/GPIRB de survie qui ne peuvent être déclenchées que manuellement.

 

MMSI
Il s'agit d'une série de neuf chiffres qui constitue l'identité numérique unique d'un navire au même titre que l'indicatif.
Il assure le codage des équipements qui utilisent la technique de l'appel sélectif numérique (ASN - DSC en anglais) comme les VHF, les BLU, les balises COSPAS-SARSAT et les équipements satellitaires INMARSAT.
Grâce au codage MMSI, les centres de secours sont en mesure d'identifier rapidement un navire en utilisant la base de données de l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) ou les fichiers de Lloyd's. Ces bases contiennent des informations comme le nom du navire, les contacts à terre à appeler en cas d'urgence ...
L'ensemble de ces informations permettent de mieux organiser les secours.

Modèles de balises 406 MHz approuvées. 

Une balise avec récepteur GPS intégré est une sécurité supplémentaire car il réduit considérablement le temps pour localiser la balise et donne une précision beaucoup plus fine.
Sur les petites embarcations peu visibles du ciel, le récepteur GPS intégré est une fonctionnalité pratiquement obligatoire.
Ne pas oublier lors de l'achat de la balise, de programmer le numéro MMSI sur les modèles EPIRB et GPIRB !

Classification des balises EPIRB et GPIRB :

  • Classe 1 (la meilleure) :
    • 406/121.5 MHz
    • Balise flottante (sans nécessité d'un accessoire supplémentaire de flottaison) à déclenchement automatique
    • Détectable par satellite n'importe où dans le monde
    • Reconnue par la GMDSS
       
  • Classe 2 (le meilleur rapport qualité / prix) :
    • 406/121.5 MHz
    • Similaire à la catégorie I à l'exception du déclenchement qui est manuel (certains modèles peuvent aussi être activés au contact de l'eau)
       
  • Classe B appelée aussi catégorie B ou "mini B" (la moins onéreuse à l'achat mais la moins performante, maintenant obsolète) :
    • Travaille seulement sur le homing signal à 121.5 MHz
    • Balise à activation manuelle
    • Ces balises ne sont pas enregistrées et leur signal n'est plus géré par le Cospas-Sarsat depuis le 1er février 2009

 

Les balises PLB


Registre français des balises de détresse 406 Mhz géré par le CNES


Document pour l'enregistrement d'une PLB

Les PLB ne peuvent pas être codés avec un MMSI et n'ont pas le même niveau d'exigence de résistance au milieu marin que les balises EPIRB / GPIRB. Ces balises PLB sont programmées avec un numéro de série PLB.
Les PLB ne sont donc pas spécifiquement dédies à une utilisation maritime.
Les PLB sont codées avec un numéro de série (programmation généralement fait en sortie d'usine donc déjà programmées lors de l'achat).
Les PLB ne permettant pas le codage d'un numéro MMSI, leur utilisation nécessite la mise à jour régulière, avant chaque voyage, de la base de données du CNES qui assure l'alerte des secours. Cette mise à jour est à faire par l'utilisateur, via le site Internet du CNES.
 

Certains équipements permettent une configuration en PLB (balise programmée avec un numéro de série PLB) ou en EPIRB / GPIRB (balise programmée avec le numéro MMSI du bateau). Dans ce dernier cas, on parle alors de PLB-EPIRB ou de PLB-GPIRB mais cela reste des PLB à la base et elles ne sont pas acceptés dans tous les pays pour la licence radio maritime. Sous pavillon Belge par exemple, les balises PLB-EPIRB ou PLB-GPIRB ne sont pas acceptées par l'IBPT. Ces mêmes balises sont acceptées en France par l'ANFR.


PLB McMurdo Fast Find 210
Bien que non dédiée à une utilisation maritime (pas de configuration du MMSI en autre), elle constitue un équipement intéressant.
Le coût d'achat entre une balise PLB et une balise EPIRB / GPIRB est sans comparaison.
Attention les PLB ne sont pas toutes étanches et pas non plus toujours prévues pour flotter.
La Fast Find 210 est étanche mais ne flotte pas !
24H d'autonomie en fonctionnement avec GPS (50 canaux).


Site intéressant sur les PLB Fast Find


McMurdo FastFind Max G
Balise intéressante de par ses nombreuses possibilités.
Balise pouvant à la fois être programmée en PLB (avec numéro de série PLB configuré) ou en GPIRB (avec numéro MMSI configuré).
Balise étanche qui flotte avec récepteur GPS intégré (12 canaux).
48H d'autonomie en fonctionnement mais le double de poids que la Fast Find 210 ...
Attention : Les balises PLB configurées en EPIRB
ou GPIRB par programmation du numéro MMSI ne sont pas acceptés dans tous les pays.
Sous pavillon Belge par exemple, une balise PLB-EPIRB n'est pas acceptée pour la licence radio-maritime.


Comparaison entre Fast Find 210 et Fast Find Max G


ACR AquaLink

Balise pouvant à la fois être programmée en PLB (avec numéro de série PLB configuré) ou en GPIRB (avec numéro MMSI configuré).
Attention : Les balises PLB configurées en EPIRB
ou GPIRB par programmation du numéro MMSI ne sont pas acceptés dans tous les pays.
Sous pavillon Belge par exemple, une balise PLB-EPIRB n'est pas acceptée pour la licence radio-maritime.
Il est possible pour des utilisations ponctuelles de louer des balises de détresse.

Un exemple de loueur de balises

Si vous utilisez une balise PLB sur un bateau, avant chaque sortie, il est nécessaire de mettre à jour la base du CNES.
Préciser l'utilisation maritime sur un bateau.
Bien donner les caractéristiques du bateau auquel on peut ajouter le numéro MMSI comme celui-ci n'est pas configurable dans la balise PLB.
Dans les autres informations utiles, décrire le programme de la sortie ou encore mieux, mettre un lien vers une page Internet décrivant la sortie effectuée.

Toujours enregistrer les balises PLB sinon elles sont pratiquement inutilisables !!!
Pour les balises EPIRB, GPIRB, PLB-EPIRB ou PLB-GPIRB, le numéro de MMSI à programmer sur la balise est celui du bateau sous son pavillon de navigation.
La configuration d'une balise avec un numéro MMSI se fait par le vendeur de la balise.
Lors de l'achat d'une balise à l'étranger, il y a un surcoût facturé pour programmer un numéro MMSI ne correspondant pas à un MMSI du pays du vendeur.
Lors du changement de bateau, une balise peut-être reprogrammée pour prendre en compte le numéro MMSI du nouveau bateau.
Attention : Les balises PLB configurées en EPIRB ou GPIRB par programmation du numéro MMSI ne sont pas acceptés dans tous les pays.
Sous pavillon Belge par exemple, une balise PLB-EPIRB ou PLB-GPIRB n'est pas acceptée pour la licence radio-maritime.

En principe, une PLB achetée auprès d'un distributeur français sera codée PLB France depuis sa sortie usine et le distributeur n'aura pas à y retoucher. C'est pour cela que certains clients font une fausse bonne affaire en achetant leur PLB par internet auprès d'un distributeur américain : le plus souvent ils reçoivent une PLB codée US et ils doivent alors l'envoyer chez un distributeur Français pour un re-codage France (payant cette fois-ci...).

Certains balisent (comme la McMurdo Fastfind Max et Max G) peuvent être configurées en PLB ou en EPIRB et sont livrées vierges de toute programmation en sortie d'usine. Ce qui fait, que la programmation de la balise avec un numéro PLB série ou un numéro MMSI est une opération payante dans les deux cas. Certains vendeurs incluent le prix de la programmation dans le prix de vente de la balise et pour d'autres, il s'agit d'un coût supplémentaire facturé en plus du prix d'achat de la balise (bien se renseigner avant d'acheter !)

Une PLB codée avec un numéro de série PLB n'est pas ou peu utilisable si elle n'est pas enregistrée.
Pourquoi ? Si une balise France codée PLB série émet au large du Maroc par exemple, les Marocains demandent au CNES ce que c'est ? 
Réponse si la balise n'est pas enregistrée : "on ne sait pas" bateau ? avion ? voiture ?
Dans ce cas vous avez très peu de chance d'être secouru ...
Toujours enregistrer les balises PLB !!!

Si la balise est codée avec le MMSI (même si elle n'est pas enregistrée), en consultant les fichiers de la Lloyd's, on a les renseignements sur le navire car le numéro MMSI est obligatoirement délivré par un organisme officiel qui a enregistré des informations sur le bateau lors de la délivrance du numéro MMSI.

L'ANFR ne délivre les licences de station de bord et attribuent les MMSI uniquement aux navires ayant un pavillon français. Même règle pour l'IBPT en Belgique (uniquement pour des bateaux sous pavillon Belge).

Fabricants de balises

Site Internet d'identification de tous les bateaux à partir de leur nom, indicatif d'appel, numéro MMSI ou numéro EPIRB ...